Bienvenue au jour 2 des élections fédérales canadiennes afin d’élire les 343 député.e.s de la 45ème législature de la Chambre des communes du Canada.
Ça va ? Êtes-vous bien assis ?
Anxieux ? Nerveux ?
Allez-vous voter Libéral ?
À quoi ça sert vraiment le Bloc Québécois ?
Allô ? Vous dormez au gaz ?
Qu’est-ce qui arrive avec le NPD ? Comment ça les partis de gauche rampent à terre pendant que toute ma chambre d’écho a ses pronoms dans sa bio ?
Avez-vous des questions ? Dites-moi que je suis pas la seule à se rappeler de Pierre Poilièvre avec des lunettes ? Qu’est-ce qui arrive si Donald Trump décide de nous attaquer pendant que nos quatre chefs sont en train de s’obstiner à la tévé ? (Et pensez-vous qu’avec toute la testostérone sécrétée sur le plateau, le débat des chefs sent la chambre de hockey ?)
Ça va ? Vous êtes prêtes ? C’est peut-être l’élection qui va décider de l’ultime sort du pays du Canada, juste ça. Ça se peut pas. J’aimais mieux quand les promesses électorales portaient sur la plantation d’un milliard d’arbres imaginaires. Ça se peut tu ? Que tout se décide sur des petits bouts de papier qu’on sait jamais comment plier ?
Le rôle du citoyen, c’est de voter une fois aux 4 ans. La démocratie s’arrête un lundi après-midi dans le gymnase de l’école primaire de ta rue ou dans la cantine qui sent la purée de patates en poudre du centre d’hébergement pour aînés.
Il y aura les Conservateurs bien silencieux sur les questions d’avortement qui porteront certainement des pantoufles en minou le moment venu pour ne pas trop faire de bruits quand ils piétioneront nos droits. Il y aura le NPD qu’on continuera de voir chuter au ralenti comme une vidéo virale d’un chihuahua qui tombe du sofa. Et il y aura le Bloc… (meh).
Pour le bien être du néo-libéralisme moderne qui nous permet d’être pas d’accord sur une planète en feu, il faudra peut-être voter stratégiquement pour un banquier libéral et son équipe de député.e.s qui ont siégé des années sans respecter leurs engagements (ok sauf la légalisation du cannabis #4evergrateful).
La 45e législature de la Chambre des Communes du Canada devra gérer une guerre économique avec les États-Unis, une possible tentative d’annexion des États-Unis, le génocide (qu’ils appellent conflit) en Palestine, la guerre en Ukraine, les guerres que j’pu capable de suivre mais y’en a plein d’autres qui sont importantes c’est sûr, l’inflation, la crise du logement et la crise climatique. C’est trop, c’est trop gros. C’est tellement de responsabilités pour une poignée de gens qui ont d’abord et avant tout la faculté de faire un byebye pas trop awkward.
C’est absurde. Et on fera des choix sécuritaires et complètement vanilles qui, au fond, ne nous garantissent rien et qui goûtent la marde.
Un mois d’élections pour prendre des décisions décisives. Un mois d’élections, mais ça fait 2 ans que Poilièvre a l’air en campagne électorale. Un mois d’élections avec Trump qui se frotte les mains et qui se lèche les babines à côté. Un mois d’élections, au moins y’a des nouveaux épisodes de Handmaid’sTale pour nous prévenir de pas faire les caves. Un mois d’élections où les politiciens vont se prononcer sur le prix de la pinte de lait qu’ils achètent jamais parce qu’ils sont jamais chez eux pis elle finit par rancir dans le frigidaire.
Ça se peut pas que la démocratie, ça soit juste ça ? T’as raison de te poser la question. Ça se peut pas. Ça peut pas être juste ça. On peut pas laisser ça, être juste ça.