La tempête de neige, j’en ai mon char !

J’me lève le matin, je pogne mon cell (très mauvaise habitude), j’ouvre mon application La Presse et je tombe sur Paul Arcand et sa revue de presse “Opération déneigement : “Je commence à moins croire à la ville de Montréal””. 

Je l’écoute pas, je fais ma conspi, je me fie au titre seulement pis ça me fait chier (tant mieux, c’est ça que j’étais en train de faire). Je me fie au titre pis au discours ambiant qu’on entend de la part des automobilistes qui se sentent donc ben pris au piège par la neige. “Ben là, on m’a vendu mon char comme un instrument qui me permet de dompter la nature, comment ça j’suis pris dedans !?” 

J’suis tellement tannée d’entendre les automobilistes chialer sur la ville qui “n’en fait pas assez” – comme si Valérie Plante devrait elle-même sortir sa pelle – oubedon sur les pistes cyclables “déneigées” . (Déjà, où ça ? Pis anyway, y’a 729 km de pistes cyclables v.s 6000 km de trottoirs et de 4000 km de chaussée. C’est comme normal que ça se fasse plus vite). 

Ces derniers jours, y me semble que la couverture médiatique autour de la tempête de neige tourne uniquement autour de la difficulté des déplacements en voiture sans questionner les déplacements en voiture. (Ok, on parle aussi de la réalité du service d’autobus, mais c’est surtout pour dire sont’ toujours en retard, sont plein, c’t’un chior, prenez pas ça.) 

Quand est-ce qu’on va finir par questionner la place de la voiture si c’est pas quand 74 cm de neige sont tombés pis que les chars sont littéralement dans le chemin ? Les chars grossissent en moyenne d’un centimètre aux deux ans pis y’en a de plus en plus, on va les mettre où ? 

Ils sont où les articles qui détaillent les coûts faramineux du déneigement et de l’entretien des stationnements pour tous ces biens privés qui traînent sur la voie publique ? C’tu moi qui les a pas vus cachés en dessous de 14 annonces de VUS dans l’application de La Presse ou bien les articles sont cachés dans un coin poussiéreux de la section “environnement” ?  (Parce que t’sais, l’environnement a besoin de sa section, ça a pas rapport avec le reste de la vie en société. Ça y prend sa petite section comme les sports. Le résultat d’un match de tennis pis la survie des écosystèmes, ça a la même même importance. ) 

( Pis là, je parle vraiment des centres urbains. Je sais qu’il va y avoir des personnes des régions qui vont me dire “oui mais moi j’ai besoin de mon char”, c’est vrai, je te crois. En même temps, faudrait peut-être questionner le fait que ça te prend absolument un achat de 68 000 piasses pour aller chercher une pinte de lait au dépanneur parce qu’y’aller à pieds ça serait une expédition dangereuse qui te met à risque de te perdre dans l’bois pis de pogner le scorbut. ) 

C’est vrai, le transport en commun manque d’amour. Ça arrive qu’il soit pas tigh, pas efficace et oui c’est vrai il manque cruellement d’accessibilité universelle pour les personnes à mobilité réduite. Sauf qu’on me fera pas croire que la voiture, c’est accessible. Déblayer une voiture, c’est pas tant une activité chaise-roulante-personnes âgées friendly. 

Le transport en commun manque d’amour, pis par amour je veux dire de l’argent. (Oui dans ce cas-ci, j’ai la même définition de l’amour qu’une bimbo blondasse qui marie des vieux milliardaires en série. Et je dis ça en mode no shame, you go get that money gurl.) 

Pis y’en manque de l’argent justement parce qu’on préfère mettre des millions de dollars dans l’entretien de la culture du char. 

On demande au transport en commun d’être rentable, alors qu’on requestionne jamais le money pit qu’est le voiture-centrisme.

Tu verras jamais les chroniqueur-euses qui nous parlent de l’importance de rendre le Québec plus efficace et plus productif remettre en question l’inefficacité de se déplacer seul.e dans une tonne de taule. On sait ben, c’est pas leur Audi le problème, c’est les enfants avec des besoins particuliers dans les écoles qui sont en train de saigner les coffres de l’État. 

Les villes et les régions devraient être planifiées avec les humains en tête, pas leurs bolides. Les chars, c’est pas adapté à la réalité des prochaines années. Ça coûte cher, ça pollue, ça tue, ça prend de la place, ça reste pogné dans les bancs de neige et dans les inondations pis ça menace notre résilience face aux tempêtes de neige et aux inondations. 

Les chars, c’est con. Rendu là, je trouve ça moins niaiseux de se déplacer en monocycle.

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