C’est pas compliqué la guerre en Palestine. C’est une grosse partie de Risk. Ouan désolée, ça sonne cold, mais j’m’en vais quelque part avec ça.
Ça fait bien l’affaire à bien du monde que les gens trouvent ça compliqué. Quand on trouve ça compliqué, on se prononce pas, on ne dit rien, on pleure les morts, on envoie des prières, on prend pas position, on laisse le gouvernement-man décider pour les pauvres enfants naïfs que nous sommes nous, les citoyens Canayens.
C’est pas compliqué la guerre en Palestine, c’est un État qui se fait coloniser par les forces impérialistes. Bon, là peut-être que les mots sont un tantinet plus compliqués. Suivez-moé.
Les alliés de l’Israël [Le Canada, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, en gros] trouvent ça ben pratique avoir un pays de leur bord au Moyen Orient. C’est bien situé (location, location, location!), ça leur permet d’avoir des yeux et des armes sur les pays autour, c’est leur pied à terre, c’est leur chalet militaire.
C’est pour ça qu’ils financent à coups de plusieurs millions – sinon milliards – de dollars l’État Israélien. C’est pour ça qu’ils détournent le regard quand le même État Israélien bombarde des hôpitaux, emprisonne des innocents, tuent des enfants, affame et assoiffe toute la prison à ciel ouvert qu’est la bande de Gaza.
Le Hamas est loin d’être parfait. J’pas assez calée dans la situation politique palestinienne pour vous dire l’avis de ces gens-là, ce que je sais c’est qu’ils ne font pas l’unanimité, loin de là. Les gestes qui ont été commis sont abominables, certes. Mais les médias, nos gouvernements, laissent planer le message que c’est une attaque du Hamas, alors que c’est plutôt une réponse à la colonisation et au génocide auxquels la population palestinienne fait face. S’il n’y avait pas de colonisation de l’État Israélien sur la Palestine, le Hamas n’existerait pas.
Les médias vont encore mettre le conflit dans les cases binaires de la victime et du bourreau. Et comme c’est le Hamas qui a frappé « en premier » (pour celleux que la timeline commence le 7 octobre, which is complètement absurde), c’est le Hamas qui est dans la catégorie « bourreau » et les Israéliens dans la catégorie « victime. »
Les médias vont profiter des images des fusillades et des cadavres pour jouer avec les émotions de la population. Mais c’est pas leur job de parler aux émotions des gens, c’est la job aux artistes, leur job à eux autres ça devrait être de parler à la tête, mais ils veulent vous prendre à la gorge. Parce que ça fait des clics, parce que ça nous rend impuissants et une belle population impuissante face à la guerre, c’est une population qui ferme sa gueule et qui se laisse diriger.
Il faut prendre un pas de recul, regarder le big picture. Le big picture, c’est la game de Risk. C’est que soudainement, un conflit qui concerne que kek millions de personnes implique soudainement le monde en entier. Quand les dirigeants disent qu’ils ont peur de l’escalade de tensions, ce n’est pas au sein même du territoire Palestine-Israël (on laisse les drames humains arriver là depuis des années), ils ont peur de ce qui risque d’arriver world wide parce que ce sont des dizaines d’État qui sont impliqués de part et d’autres du conflit.
Le Canada est un allié indéfectible de l’État Israélien et risque de lui donner une aide financière et militaire plus tôt que tard. Cette aide-là n’est pas humanitaire, c’est une aide pour tuer.
C’est compliqué, mais pas tant que ça. C’est notre devoir de nous informer, de se responsabiliser dans le conflit et pour de vrai. Les décisions qui vont être prises ici et ailleurs dans l’Occident vont avoir un impact direct sur la vie de millions d’être humains. Là-bas, en Palestine-Israël, mais aussi possiblement ailleurs…
Il ne faut pas regarder la tragédie en se croisant les bras, désemparés.
La guerre, ça concerne tout le monde. Pas juste les compagnies de kleenex qui essuient nos larmes quand on voit des mères pleurer leurs enfants décédés.
Il ne faut pas seulement regarder la guerre à la télé, mais les politiciens au parlement.
Parce qu’eux autres vont prendre tous les bidoux publics pour mener un combat qui nous concerne, même s’il est loin.