Le soleil du printemps a quelque chose de rassurant. Des rayons qui nous chuchotent que la dépression saisonnière est terminée.
Bientôt arrivera l’été.
Et son lot d’éco-anxiété.
Mais ça, c’est plus tard.
Le soleil du printemps est rempli d’espoir. On dirait qu’il rit et nous sourit comme le petit bébé dans les Télétubbies. C’est ben maudit pour les gens qui peuvent pas en profiter. Il donne le FOMO quand il nous nargue dans la fenêtre. C’est ben l’avantage de travailler de nuit, on ne le manque jamais (en après-midi).
Les gouttes d’eau de balcon ne m’ont même pas retiré ma bonne humeur, le dégoût fut bref. Nouvelle découverte musicale dans les oreilles, le genre de nouvel artiste que tu te dis bon ça y est, je vais écouter ça tout l’été. Ça faisait longtemps, ça fait du bien.
J’ai profité du soleil dans un parc en mangeant un sandwich qui se mangeait mal dans un parc. Le banc drette au soleil, direct, vue de feu. Un inconnu m’a dit bonne appétit, j’avais la bouche pleine quand je lui ai répondu merci. C’est pas poli, mais c’est pire de ne pas dire merci. L’exception qui confirme la règle I guess.
Le p’tit plastique du sandwich est parti au vent. J’ai couru après dans la neige qui fond. Pourquoi elle est comme granuleuse, han, la neige qui fond ? Le p’tit plastique est atterri dans une flaque d’eau-jaunâtre-pipi-de-chien en dessous d’une table de pique-nique. Le spot où les gens abandonnent souvent leur p’tit plastique d’habitude, comme si courir après était un effort suffisant. J’aurai essayé. Moi je l’ai pris, c’est pas vrai que je vais contribuer aux vidanges printanières, quand les couches de neige fondent pour laisser découvrir les artéfacts de vieilles factures pis de vieilles clopes.
Le soleil du printemps est vivifiant et pourtant je me suis réfugiée dans un café. J’ai marché dehors pour en profiter, et j’avais envie de pisser et d’écrire, bref : de me vider.
Mon thé à la menthe passe correk, je bois du café d’habitude, mais là j’en ai trop bu. Boire un Perrier me semble inapproprié. J’sais ben pas pourquoi.
Le mot de passe du wifi de la boulangerie, c’est une case à cocher dans une fenêtre qui s’ouvre automatiquement, une promesse de ne pas toucher ses miches sur de la porno : J’accepte les conditions.