Je veux juste que tu me dises, que tu m’aimes. (L’air de La Chicane)

Entre les truckers et les Influenceurs, force est de constater que nous sommes bien dans l’ère de la chicane. 

Finie la solidarité de la première vague où on amenait un bol de fruit à sa voisine. Depuis qu’elle s’est affichée pour le Parti Populaire du Canada, qu’elle mange un truck.   

On dirait que j’ai toujours tendance à être fâchée quand personne ne l’est, mais à être exagérément Peace & Love quand la marde pogne. Question d’équilibre. 

En ce moment, j’ai d’la misère à être complètement en colère envers les ceuzes que les médias nous pointent du doigt depuis le début de l’année. Les ceuzes comme les influenceurs, les James Awad, les ostrogoths, les anti-vaxx, les anti-masques, les antitout, les camionneurs, les défieurs de réglementations, bref c’est ceuzes là… 

Avant la COVID, j’avais l’impression que la société manquait de réalisme. Tout semblait aller trop bien pour à quel point ça allait mal. C’était calme. Trop, calme. Je voulais sauter sur le lit pour réveiller le monde. Aujourd’hui, c’est le contraire. Tout va trop mal pour à quel point ça pourrait aller mieux. Pendant ces deux dernières années, beaucoup ont ouvert les yeux, alors …pourquoi n’a-t-on toujours aucune vision ? 

C’est peut-être moi qui est déréglée aussi. Moi qui travaille quand les autres dorment, qui dors quand les autres travaillent. La déprimée qui jalouse le bonheur, mais qui quitte le club des anxieux quand tout à coup celui-ci se remplit – quoi que normal, anxiété sociale.

J’ai l’impression qu’en ce moment le monde a besoin de doux. Le monde a besoin d’espoir, d’amour. Le monde a besoin de connexions humaines, le monde a besoin d’art. Le monde a besoin du monde. Un doux révolutionnaire, un vent de changement – comme le répéteront les politiciens à l’automne. (Bon, ça y est j’ai pété le mood).  

En ce moment, j’ai d’la misère à brandir le poing au ciel en damnant les ceuzes à Ottawa. J’ai plutôt pitié. J’y vois beaucoup de personnes sous-éduquées, pauvres, en détresse psychologique, alors qu’on a justement des problèmes avec notre système d’éducation, l’inflation, la perte d’emploi et la prestation de services en santé mentale. 

Je sais, ce n’est pas facile de s’imaginer donner des p’tits plats plein d’amour à la droite hot dog qui brandit le drapeau confédéré sur la colline parlementaire toute de suite, je sais. J’ai peut-être complètement tort, mais en ce moment je me fous un peu des drettistes qui jappent fort comme des p’tits chiens pas de pouvoir. 

Ma colère, je la garde pour le système. Et je dis le système, il faudrait peut-être arrêter de complètement le dépersonnaliser à chaque fois qu’on en parle. Ce système, il est opéré par des humains. Des humains avec des noms et des adresses. Des humains avec des fonctions de député, sous-ministre, haut fonctionnaire, dirigeant d’entreprise. Il ne faudrait tout de même pas les laisser se cacher derrière le monstre quasi biblique qu’est ce fameux Système supposément inatteignable. 

Je n’ai pas beaucoup de respect pour les gourous de la désinformation qui prêchent dans leur voiture et récoltent malhonnêtement la dîme de leurs pauvres fidèles, mais j’en veux davantage à Facebook et à Google d’avoir laissé se propager une telle haine sur leurs réseaux ( et ce, tout en faisant la chasse aux totons). Je suis anti-racistes, mais on dirait que j’en veux davantage à Amazon d’avoir mené à la fermeture de commerces, à des pertes d’emplois, pour ensuite devenir la dernière ressource pour les besoins de ces chômeurs, Amazon, là où ils achètent des drapeaux Trump 2024.  

Et bon dieu qu’on a toutes les raisons du monde de haïr les ceuzes, ah oui. Mais ils ont beau brûler du gaz, les truckers, ce n’est pas eux qui ont acheté un pipeline : c’est les belles bouclettes à Justin. Ils ont beau être racistes, les défenseurs de la libârté, ce n’est pas eux qui refusent de délier la bourse étatique pour acheminer de l’eau (et un million d’autres ressources) aux communautés autochtones. 

Épuisé.es déjà hier, on s’épuise encore à s’haïr. Je ne sais pas comment on va réussir à arriver quelque part si on ne s’arrête pas pour penser nos blessures.

Eh là là.

Câlin ?

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