(Bonne St-Jean en retard)

*Vous m’excusez, chers fans de ce blogue, je me suis laissée emporter par la dopamine des réseaux sociaux. Je publierai ici plus régulièrement*

C’est la St-Jean, je voulais écrire de quoi.

Je voulais écrire de quoi sur le “Sandwich de Colonisation” qu’est le Québec (colons-colonisés-colonisateurs). 

Ça me tentait d’écrire ça, parce qu’en tant que Québécoise-d’origine-canayenne-française-priviligiée-mais-tsais-un-peu-woke, mon devoir quotidien est de me fermer la yeule quant à nos p’tites douleurs de notre -quelque chose comme un grand- peuple. (Q.S., I see you, when you do des p’tits liens boboches des fois)

Mais à la St-Jean, j’avais envie de m’ouvrir une bière – n’importe laquelle sauf de la Molson – pis d’en jaser. 

J’voulais partir sur une envolée à la Falardeau : sacrer pis damner Durham et le Clergé, maudire Duplessis et Wolfe, invectiver MacDonald et Trudeau Père, chier sur Jean Chrétien et Jean Charest. J’aurais clôt le tout en acclamant De Lorimier, avec un clin d’oeil au FLQ et à M’sieur De Gaules. 

J’me trouvais ben wise, mais au final, je vous aurais ressassé le même discours patriotique annuel de n’importe quel tit Joe Connaissant souverainiste. 

Fait que, je ferais pas ça. À quoi bon. 

La St-Jean n’est plus politique. La classe dirigeante l’a aseptisée et rebaptisée “Fête Nationale”. (Il ne faudrait surtout pas que le congé férié ait une signification historique, ça serait mélanger la plèbe que de la faire calculer sa prochaine paye en même temps que de s’instruire sur le pourquoi elle est en congé). 

La St-Jean est rendu juste un autre party qui remplit les poches de Dollarama qui nous vend des drapeaux du Québec fabriquées en Chine par des Ouïghours (et hop, la boucle de l’islamophobie se boucle). Juste un autre party où les Kebs boivent de la Coors (la bière de l’ennemi) en écoutant une chanson mal écrite d’un dude blanc probablement problématique. 

À quoi bon. 

Je pensais que y’avait de quoi être fier de notre culture, mais je vois juste des artistes qui crèvent la dalle pis une file au Carrefour Laval. Je sais pas pourquoi j’écouterais un show à la télé, supposé allumer notre fierté, mais qui présente le même monde qui chante les mêmes tounes à chaque année. Toute ça pour remplir le temps télé entre les publicités de Canadian Tire et de Tim Hortons. 

Je pensais qu’on avait une Histoire, mais personne ne se souvient de rien. (Oups, désolée, finalement une phrase du discours du tit Joe Connaissant souverainiste s’est glissée) Ceux qui s’en souviennent un peu vous cassent les oreilles avec les même six anecdotes qu’on apprend par coeur au secondaire et font comme si “les amérindiens pis Jacques Cartier étaient chumés-chumés.” 

Je pensais que y’avait de quoi de noble à défendre la langue de Tremblay, mais inévitablement maintenant tout ce que j’entends, c’est la vieille voix de PKP qui gueule “En França Si’ou’Pla”. 

Alors à quoi bon parler d’un peuple mourant sur une plante mourante. 

Le pire, c’est que j’y crois encore à l’identité, à “l’identité québécoise”. Parce que il me semble que c’est encore un beau véhicule pour un projet de société “une identité commune”. – Croyez moi, j’aime pas les chars, et je ferais tout à pied, mais j’ai quand même l’impression qu’il manque de quoi pour nous porter. – 

J’y crois à une identité québécoise pas “y’inque pou’ les’ canayens’ frança”. Parce que j’suis ben tannée que les emblèmes du Québec soient le sirop d’érable, la poutine, pis un gars qui fait du 4-roues en disant aux arabes de retourner chez eux.  L’identité, ça ne devrait pas être un accès V.I.P, ça devrait être une carte de membre, que tout le monde peut avoir, ça te donne des points bonis, l’éducation gratuite pis une société carboneutre. 

Kins toé. 

J’y crois, j’y crois peut-être. Parce que je me dit que s’il faut faire une révolution de toute, me semble que c’est plus rassembleur de la faire “Ensemble en tant que peuple(s)” plutôt que “Parce que c’est ça qu’il faut faire.” Même si la raison a raison, elle ne soulève pas les foules. C’est l’émotion qui engage le mouvement. Il faut prendre les gens par le cœur, le cerveau, lui, a trop peur du changement.

Je sais pas, j’y crois. J’y pense. Je sais pas. À quoi bon.

Je voulais écrire de quoi où je me trouvais ben wise, mais finalement j’ai écrit ça. 

Bonne St-Jean(ne) à tout le monde 

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