C’est gênant votre affaire. Les prôneurs de laïcité pis chevaliers du « en français si’ou’plait » là, vous êtes gênants pour le Québec, pour les Québécois.e.s.
Vous dites que vous voulez défendre le « Québec », mais vous le façonner juste à votre goût à vous. Comme des gros bébés qui veulent pas partager. Vous étendez vos idéologies de marde sur le fleurdelisée, pis c’est gênant pour quiconque qui l’a déjà agité.
Je suis Québécoise, tsé. Même si je nie ma patrie quand j’en vois faire les colons en voyage, je le suis pareil. Je suis née ici, j’ai grandi ici, je vais mourir ici. Je cite beaucoup trop souvent Dans Une Galaxie Près De Chez Vous pis François Pérusse, pis je les connais toutes par coeur les chansons du medley de la St-Jean (en même temps c’est facile, c’est les mêmes à chaque année, et ça devrait changer, mais ça c’est un autre débat, une autre fois.)
Le PQ, la CAQ, le Bloc Québécois, vous avez toute pété le fun d’être fier d’être Québécois.e. Comme les Conspis qui ont pété le fun d’être contre le gouvernement. Quand je vous entends dire que vous voulez « défendre les valeurs du Québec » en enlevant des droits à d’autres Québécoise.s., j’ai juste envie de vous éclater une quille de Tremblay dans le front.
C’est parce que je suis indépendantiste itou, voyez vous. Je le suis parce que je crois à des concepts comme la liberté, la justice, l’égalité. Pas parce qu’on interdit à des femmes de travailler. Je vous dirais même que maintenant, vous m’avez rendue PRO signe religieux. No shit. J’aime pas la police, mais je me sentirais définitivement plus en sécurité devant une policière voilée que devant Jérémy Caron de St-Thérèse pipé aux stéroïdes qui sort au Fuzzy la fin de semaine. Vous prônez l’impartialité, mais savez-vous ce qui est partial ? Votre système à la con.
Si un jour, je me retrouve devant un juge millionnaire qui a fait fortune avec un système que je travaille activement à détruire, je n’ai pas l’impression qu’il va prendre mon bord. Mais bon peut-être, je suis blanche.
C’est-tu si compliqué, sérieux, de juste arrêter de retirer des droits au monde ? C’est toute.
Arrêtez. De. Retirer. Des. Droits. Au. Monde. ![]()
Vous minez le chemin vers la justice. Nous sommes tous supposés être égaux devant la loi, mais les personnes de couleurs et autochtones se font intercepter par la police 4 fois plus souvent que les personnes blanches. Arrêtez d’enlever des droits aux gens, surtout quand vous avez déjà le culot de bafouer ceux qu’ils sont supposés avoir.
Arrêtez. De. Retirer. Des. Droits. Au. Monde. ![]()
On en mérite toute plus. Pas moins. Je suis une artiste et une anarchiste. Penser qu’on peut « mieux intégrer les immigrants » et les « franciser » avec des lois, ça me fait grincer des dents. Une langue, c’est comme une histoire d’amour. C’est rempli de mots doux à chuchoter à sa moitié, d’impolitesses à gueuler à ses ennemis. ( C’est d’ailleurs toujours les premiers mots qu’on cherche à apprendre d’une langue. Comment on dit « je t’aime » ? Et « va te faire foutre »? ) Il y a notre langue maternelle, qu’on aime comme une mère, et ces langues qui arrivent au fil de notre vie, comme des histoires d’amour ou des one night*.*genre quand tu sais seulement la phrase « Una cervezô por favor » en espagnol, c’est une tite vite.
Une langue, on l’embrasse parce qu’on tripe dessus, pas parce qu’on se la fait imposer. On connaît tous quelqu’un dans notre entourage qui a appris le russe parce qu’il voulait lire les versions originales de Dostoïevski. Pas parce qu’y s’en va chercher son visa pour essayer leur Putin à eux autres. Une langue, c’est le reflet d’un peuple, d’une culture, d’une histoire – les bons côtés comme les moins bons. Faut vraiment être un deux de pique pour penser que des foutaises écrites dans Le Devoir vont motiver qui que ce soit d’apprendre le français, ou de le défendre.Qu’est-ce que vous dites dans une date pour faire tomber la personne en amour avec vous ? Des stats ? « J’ai un taux de satisfaction de 87% au travail, 37% en famille et en amour c’est N/É . »
Pis, venez pas me faire chier avec les stats, je les connais. Je l’ai défendu le français dans mon jeune temps de militante, avant de réaliser que le combat c’était pas que je me faisais servir en anglais au H&M, mais que c’était le H&M. C’est vrai que la loi 101 est pas appliquée au CÉGEP. Que McGill&shits sont surfinancés de la part de tous les paliers, en plus des gros bidoux générés par leur fondation basée sur le colonialisme anglais depuis un sale bail. Toute ça, c’est toute toute vrai. Et oui, c’est injuste. Mais au lieu de légiférer, vous pouvez juste : financer équitablement les institutions. That’s it. Bonus ! L’argent de plus, tu peux l’investir dans les langues autochtones. T’as peur que le français disparaisse ? Et bien, y’a des langues autochtones right now qui sont sur le bord de l’extinction au Québec. Si tu fais rien pour les sauvegarder, t’es pas un défenseur de la langue , t’es un
trou de cul.
Quand j’étais jeune, ce qui énervait le poil de couilles des chroniqueurs, c’était Simple Plan qui chantait en anglais. Aujourd’hui, je connais tous plein d’artistes qui chantent en Français… mais ils passent pas à la radio. Wassup with that ? Ça s’arrachait les cheveux pour le franglais de Dead Obies mais y’a personne pour lever son chapeau à la plume de Sarahmée ? Ou de Calamine ?
Pour moi, « défendre le Québec », ça serait de le rendre libre. L’indépendance, c’est l’occasion de repartir à zéro. D’obtenir un passeport en même temps que tou.te.s les habitant.e.s du territoire du Québec, qu’iels soient né.e.s ici ou arrivé.e.s hier. C’est l’occasion de bâtir quelque chose de commun ensemble. C’est l’occasion de crisser à terre la loi canadienne sur les Indiens et de land back tabarnak. Il y a un million de raisons féministes, anti-racistes, anti-coloniales, écologistes pour défendre l’idée de la liberté du Québec. Mais votre affaire que vous proposez, les prôneurs de laïcité pis chevaliers du « en français si’ou’plait », c’est juste gênant .
Quand vous faites vos affaires juste pour les « Québécois pure laine », dites moi pas que vous êtes « fier d’être Québécois », vous êtes fier d’être blanc. Ça n’a rien à voir avec le Québec. (Ça paraît, MBC, tu te fais un tit accent supplémentaire pour aller à la tivi française exposer ton racisme.) Vous êtes colonisateurs-colonisés-redevenus-colonisateurs et ça m’écoeure. J’avais quitté le mouvement indépendantiste parce qu’il y avait trop de racistes, pis parce que la planète est en train de crever, et à quoi bon avoir un pays s’il est inondé. J’en voyais dans le mouvement dire que le gaz de schiste, c’était « une belle richesse pour le Québec ». Et ça me fait demander, vous voulez un pays (« ou une province forte ») pour quoi dans les faits ? Pour gagner au roi de la montagne ? Pour obtenir la reconnaissance internationale d’un émoji ?Sérieux. C’est gênant.