La gang

Quand Gilbert Rozon se présentait au Palais de Justice, il venait toujours avec sa petite gang. 

Ses soeurs, leurs fils, ses fils et les amis de ses fils. Même un dude qui voulait se battre avec nous qui disait qu’on était payées par George Soros. (Ah, good times.) 

Il arrivait avec sa petite gang pour être intimidant, pour montrer les dents. 

Pour flairer avec son gros nez ses victimes venues assister. 

C’était complètement injuste de le voir ainsi entouré. Presque aimé *haut le coeur*. 

Surtout en pleine pandémie, bras dessus, bras dessous, avec sa pas-bulle-pantoute, alors que la plaignante, les survivantes, étaient incroyablement tu-seules là dedans. 

Ça m’a frappée, sa gang. 

Ça me fait capoter, les gangs. 

Ça me terrifie et ça me fascine. Je les adule et je les déteste. Elles m’attirent et me repoussent. J’aimerais en faire partie, mais en même temps, qui veut faire partie d’un groupe qui le veut comme membre ? 

Il y a de ces gangs qui sont la plus belle affaire du monde. Des familles, choisies, tissées serrées, qui se supportent dans les moments difficiles, qui sabrent le champagne dans les bons coups. Le genre de famille accueillante qui invite les solitaires à Noël. « Veux-tu de la dinde ? » « Je suis végé. » «  On a de la dinde végé ! » 

D’un autre côté, il y a de ces gangs qui sont l’affaire la plus horrible du monde. C’est une famille qui s’haït, mais qui reste ensemble, par amour d’haïr les autres. C’est des parasites qui parasitent d’autres parasites. C’est un amas de personnes dépendantes qui forment un monstre géant. Plus fort, qui peut avaler tout le monde par la suite. Un monstre qui veut se battre et qui écrase. 

Je pensais qu’en me sauvant du secondaire, j’allais me sauver des gangs. 

Finalement pour me rendre compte, qu’il y en a partout des gangs. 

Au CÉGEP, à l’Université, à l’École de l’Humour, au travail. 

Et je ne comprends pas pourquoi l’escouade anti-gang de la police de Montréal ne s’intéresse qu’aux gangs de rues. Les gangs, ça fait des ravages partout. 

En business, en politique, dans le monde médiatique, artistique.

Quand je vois une Morin revenir, ou un Lacroix tâter le terrain après 6 mois, je ne peux pas concevoir qu’ils avancent seuls. Ils ont une gang. 

Une gang qui leur a écrit une lettre « d’excuses », qui a planifié leur sortie médiatique, qui leur a fait des petites sandwichs pas de croûtes quand ils avaient d’la pépeine.

(Et d’ailleurs, je suis à ça de penser que dans l’équipe de PR de Julien, y’avait une fille qui trippait sur la lune. New Moon, New Me. Drôle de timing d’excuses en esti). 

Quand je vois les agresseurs se tenir la tête haute, sans l’ombre d’un remord, je ne vois que leur gang. Parce que n’importe qui de sain d’esprit qui passe par les mêmes péripéties aurait à prendre un bien plus long moment pour se reconstruire. Celui qui est abreuvé, cajolé, par sa gang, non. C’est que sa carapace ne s’est pas cassée, même pas craquée, elle a été polie par ses amis. « T’es pas comme ça. » « Ils exagèrent ! » « T’es bon ! » « T’es beau ! »

Et cette gang-là me terrifie. 

Parce que même si on ne connaît pas le reste de la gang par leur nom – quoi qu’ils ont facilité la tâche en coeur-ant les sorties de leurs amis – on sait qu’elle existe. On sait que cette gang est forte, qu’elle est solide, et que ciboire, elle est capable de se tenir debout après une tempête médiatique. Il y a des familles pendant la pandémie qui se sont effondrées pour moins que ça… 

Quand une gang back un agresseur dans son come back, j’ai comme envie de back off. 

Parce que j’en ai pas de gang moi. J’aime les bizarres et les weirdos, les geeks et les intellos, les pas connus et les pas-parlables. Que voulez-vous, c’est comme ça, mes idoles sont un peu poquées, elles sacrent beaucoup et ne sont pas particulièrement reconnues pour leur bonne hygiène. 

Anyway. Fait que là. J’tu dans’ gang ?

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