Je ne suis pas là pour me plaindre. J’ai eu un Noël somme toute abondant malgré la pandémie mondiale, la crise climatique et la dépression économique imminente. Le cinéma m’avait laissé croire qu’un Noël « en pleine pandémie mondiale », « crise climatique » et en « dépression économique imminente » se passait dans des tranchées, au grand froid avec un manteau de toile et du pain sec, serrant la photo de mon mari sur ma poitrine.
Or, il n’a pas fait froid. Plutôt anormalement chaud. Je n’étais pas dans les tranchées, non plus, (je doute d’ailleurs que cette stratégie militaire s’applique toujours de nos jours) j’étais chez moi. Je mangeais à ma (plus que) faim du pain moelleux avec l’homme que j’aime, mon meilleur ami (notre plus one) et mon chat. La fin du monde est plus douce que je ne l’imaginais, mais bon ce n’est que le début.
Je ne suis pas là pour me plaindre non. Je sais, je le fais souvent. Je suis cet oiseau de malheur qui rappelle à tout le monde le 26 décembre qu’on est en pandémie mondiale, crise climatique et dépression économique imminente. En même temps, quelle meilleure journée que le boxing day pour mettre tout le monde K.O.
J’ai tout. Je n’ai pas beaucoup, mais j’ai tout. Il faut dire que je me contente de pas grand chose. Depuis que j’ai dormi cet été dehors au centre-ville, encore moins. Un bon matelas, de l’amour et c’est tout.
Je suis au chômage, mes réserves monétaires fondent aussi vite que les bordées de neige de décembre à Montréal, je m’ennuie, je pleure des fois, je sacre tout le temps en regardant les nouvelles, mais ça va. J’ai un bon matelas, de l’amour et c’est tout.
J’en voudrais plus, mais je sais que tellement de monde ont moins. J’ai du p’tit gras de byebye en dessous du bras, mais c’est fantastique, j’ai un bras qui fonctionne, qui lève et qui bouge et qui me permet de faire byebye, pouvez-vous croire ?
Avez-vous remercier le ciel aujourd’hui d’être en vie ? D’avoir un toit sur votre tête et un corps qui peut au minimum vous connecter à Internet pour lire ce texte ? Je dis le ciel, mais vous pouvez dire merci à la terre, à votre mère, à votre abat-jour, à vos pantoufles si vous voulez. C’est ça qu’ils nous disent les adultes quand on grandit « Dis merci ». C’est un mot magique « merci ». Et connaissez-vous le pouvoir des mots ?
…ce petit billet finit ainsi.
Joyeuses Fêtes, la santé, han.
On ne le dira jamais assez.