Moins de boss, plus de bécosses

Je suis vraiment désolée sincèrement pour toutes ces fois où je parle de caca dans mes textes. On m’a dit qu’il fallait que je sacre moins, j’ai de la difficulté à rester propre il faut croire. Trop lu Avard et Falardeau.

J’ai mis un drôle de titre, non ? ACCROCHEUR – non ? Moins de boss, vous saviez ça de moi je crois. Il faut moins de boss, de boss des bécosses. Bon, par bécosse je n’entends pas les petites cabanes de bois dans les bois, j’entends ministères, compagnies, tribunaux, j’entends bien sûr, ces établissements remplis d’étrons. Et ! Il faut plus de toilettes, plus de toilettes décentralisées – j’entends ici « lieux de décisions » – Il faut plus de bécosses partout, car nous avons tous eu l’expérience festivalière (ah, les festivals) d’aller tout le monde pisser au même endroit et nous savons tous ce que ça sent. Et vous trouvez-pas q’on est assez dans la merde comme ça ? Aussi bien la diffuser.

Je comprends pas pourquoi la pandémie n’a pas apporté une certaine décentralisation. Oui, je sais bien que les politiciens ne font pas ce qu’ils devraient faire jamais, je ne suis pas naïve, mais je me suis d’un coup, tout d’un coup ! qu’ils apprendraient de leurs erreurs ? Nous avons vu les dommages de la centralisation à la première vague : difficulté d’approvisionnement en équipements de protection personnelle, infirmières sans ressource à cause du même poste centralisé qui fait n’importe quoi, décisions centralisées et donc attendues et donc retard dans la mise en place de bonnes initiatives. (Bon, j’vous ferais pas tout l’topo, Enquête l’a bien fait.) Pendant la première vague, des villes ont pris des décisions avant les États *tousse tousse ville de Montréal* pour agir plus rapidement. Je me disais, ça y est, on va apprendre, on va y donner Legault à la décentralisation, panier bleu pis toute pis aweille on est capables.

Mais non.

Pantoute.

Nope.

NOOOOOOOOOPE.

Les dirigeants ont continué à faire confiance à parsonne. PARSONNE. À se dire qu’ils étaient les plus beaux, les plus intelligents et qu’ils avaient des pénis de taille tout à fait convenables. J’ai l’impression que trop de politiciens se sont trop fait cajoler par leur maman. Les ravages d’une surdose d’amour maternel à un homme blanc adulte et privilégié peut résulter en une inflammation de la tête et causer beaucoup de torts à beaucoup d’innocents.

Les petits boss ont décidé du haut de leurs bécosses comment les autres allaient s’y prendre pour se torcher. Ils ont dit  »Non, ne plie pas ton papier, chiffonne le ! » Ils ont imposé des quotas de petits carrés à prendre. Ils ont chronométré le temps maximum permis sur le bol. Ils ont même ordonné d’utiliser la marque la plus infecte de sent-bon. Des décisions éclairées, disent les petits boss. Éclairées, et pour pas cher en plus !

Le plus bel exemple est certainement celui du milieu de l’éducation. Les cravateux ont imposé le modèle UNIQUE à suivre pour la prévention d’une PANDÉMIE MONDIALE à TOUTES les écoles (et toutes les régions, et tous les bars, et tout et tout) Une idée de GÉNIE, bien sûr, parce que si le modèle fonctionne, on sait exactement à qui baiser les pieds, et si l’idée de génie ne fonctionne pas et bien on se ramasse tous malades et puis ce n’est plus la faute à personne. « Ils auront essayé ».

Alors qu’avec une décentralisation, on aurait pu simplement dire. « Ok, voici ce qu’on sait (2M, Masques, Lavage des mains and shit) On va vous donner du cash, pis faites de votre mieux. Bonne chance ! » Pis là, on aurait pu avoir des vraies enseignantes, pis des vraies directions d’école, pis des vraies élus locales aux commissions scolaires, pis des vraies psychoéducatrice pis des vraies concierges nous donner des vraies solutions. Des solutions qui se pouvaient avec l’espace qu’elles avaient, la clientèle qu’elles avaient, le budget qu’elles avaient, la ventilation qu’elles avaient. On aurait pu avoir plusieurs laboratoires en temps réel de plusieurs mesures différentes. Telle université aurait fait ses cours à distance, et tel cégep aurait donné les cours de philosophie I dans l’aréna du village avec des masques. Telle école secondaire aurait eu la place pour faire des classes à 2 mètres et telle école primaire aurait tenté de faire une partie des cours à l’extérieur. Ça n’aurait pas été parfait, certes. Mais est-ce que vous pensez que ça aurait été pire ?

Nous sommes dans une crise sanitaire. Elle aurait dû, depuis le début, être une crise qui se gère grâce à la science, pas la politique. Et la science, ce qu’elle encourage, c’est plusieurs expériences différentes en même temps pour trouver la meilleure solution. Si on travaillait sur un seul vaccin, ça serait un peu super con, non ?

Au lieu de s’inspirer des mesures tout aussi floues des autres pays, on aurait pu se regarder le nombril à nous. Essayez des affaires chez nous avec notre comportement de Québécois à nous, notre climat, notre niveau d’éducation, notre de vie de restos, nos ressources financières, personnelles, notre attitude, nos habitudes.

« On construit l’avion pendant qu’il vole » Ça vous tente pas de jogger à la place ? Je sais pas, me semble que y’a pas besoin d’aller à 1000 km-h toutes ensemble dans la même direction. On peut partir chacun de notre bord et checker qui se rend le premier.

Celui qui a la meilleure solution texte les autres, chill ?

Bécosse, boss des bécosses : traduction québécois français
bécosse, crédit : internet (j’ai un grand respect pour les photographes, mais là je ferais pas de recherche approfondie sur l’auteur de cette photo de bécosse, milles pardons)

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