Radicalisons-nous
Parce que le combat est à la racine.
Il est au tout début du monde : à la vie.
Il est miraculeux que nous nous en sommes arrivées là.
Certaines croient en Dieu.
Parce que c’est incroyable.
Protégeons cette oeuvre d’art qu’est la Terre, la vie.
Avec la même fougue qu’une joke d’handicapé, s’il vous plaît.
Radicalisons-nous.
Parce que le combat est à la racine, à la base.
Parce que l’empathie est devenue radicale.
Il faut abreuver celles qui ont soif.
Loger celles qui errent.
Protéger celles qui ont peur.
Soigner celles qui sont malades.
Nourrir celles qui ont faim.
Il faut détruire le capitalisme.
« Radicale ! »
Ben c’est ça.
Radicalisons-nous.
Les gens ne comprennent pas.
Les gens ne comprennent rien.
Ils croient que les droits c’est comme de la tarte.
Si on en donne à tout le monde, il n’y en restera plus pour eux.
Niaiseux apeurés.
Radicalisons-nous.
Le matin.
Le midi.
Le soir.
Battons-nous pour l’empathie.
Crachons au visage de ceux qui n’en ont pas.
Comme il est radical de protéger la vie.
L’air et l’eau.
On nuit aux profits, les profits à la vie.
Ne soyons plus sages, douces et aimables.
Arrêtons de dire « merci pour les jobs »
Et ramasser son salaire pourri.
Politisons-nous.
Tout le monde.
Il faut dire aux infirmières que leur combat à elles aussi, ce sont les riches.
Il faut dire aux propriétaires de petits commerces que leur combat à elles aussi, ce sont les inégalités.
Il faut dire aux travailleuses de la construction que leur combat à elle aussi, c’est l’évitement fiscal.
Il faut dire que aux enseignantes que leur combat à elles aussi, c’est le capitalisme.
Il faut éliminer la police.
L’exiger, toute unie.
Avez-vous déjà vu un flic aider une personne toxicomane couchée dans la rue ?
Tant qu’elle ne casse rien, on n’y touche pas.
Le mot d’ordre de la loi et l’ordre.
Ne laissons plus personne derrière.
Haïssons la police tout le monde ensemble.
« Radicale ! »
Vraie.
Une haine raisonnée, il faut le dire.
La même haine, de toute façon, que l’on devrait déjà avoir viscéralement contre la propriété privée, le racisme, le sexisme et le colonialisme.
J’exagère ? Politisez-vous.
Radicalisons-nous.
Crions haut et fort que nous sommes anti-capitaliste.
Ça suffit les euphémismes.
« Ce qu’on le vit en ce moment. » C’est une pandémie mondiale.
« Le système… » C’est le capitalisme.
Appelons un chat un chat.
Et ce tas de merde, un tas de merde.

crédit photo : merde je m’en souviens plus 😦 manifestation du 27 septembre 2019